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Une vue de paysage de la Rutshuru au Nord-Kivu

Chaque année, le 5 juin marque la Journée Mondiale de l’Environnent. C’est l’occasion de faire un état des lieux et le bilan des actions engagées. Dans ce domaine, la RD Congo n’épargne pas ses efforts, notamment en faveur de la forêt.

Une richesse exceptionnelle

Presque aussi grande que l’Union Européenne avec 2 345 410 km2, la RDC abrite le deuxième massif forestier après celui de l’Amazonie. Avec un climat équatorial dominant et une large zone tropicale, le pays présente une grande variété d’écosystèmes et une biodiversité unique sur le continent. Il abrite ainsi plusieurs espèces rares comme les rhinocéros blanc ou les gorilles des montagnes et des espèces endémiques comme le bonobo ou l’okapi.

Le pays compte aujourd’hui 8 parcs nationaux, 25 réserves et 30 domaines protégés. Créé en 1925, le Parc du Virunga est le plus ancien du continent et il est inscrit sur la liste de l’UNESCO. Celui de la Salonga est la plus grande réserve forestière de la planète.

Le gouvernement congolais mène une stratégie de reforestation avec des essences à forte valeur écologique telles que les eucalyptus, les pins ou les acacias. Lors de la Conférence de l’ONU à Nagoya en 2010, il a pris l’engagement d’atteindre 17% du territoire en espaces protégés soit 440 000km2  - une superficie plus grande que celle de l’Allemagne.

L’emprise humaine

La RDC ne connait pas de problème de déforestation de l’ampleur de celui du Brésil. Il n’y a pas de projets routiers qui détruisent l’équilibre des écosystèmes, de déboisements massifs au profit de l’agrobusiness ou de surexploitation forestière. C’est en fait l’activité quotidienne de l’homme qui impacte directement le milieu.

En effet, 7 années de guerre entre 1996 et 2002 ont eu pour conséquence des déplacements massifs de population, des réinstallations incontrôlées et une prédation de survie dans les régions forestières.

La forêt souffre ainsi de micro activités difficiles à circonscrire. C’est le cas des coupes illicites, des cultures itinérantes sur brulis ou de la production illégale de charbon de bois. Aujourd’hui, environ 40 millions de personnes vivent dans les zones forestières congolaises et cette réalité ne peut pas être occultée.

Une grande vigilance

Le gouvernement congolais est conscient que ce patrimoine naturel est une chance mais aussi une grande responsabilité. La Loi de 1969 relative à la préservation de la nature a été complétée par une série de décrets. Le Code Forestier de 2002 classe les forêts en 3 catégories : conservation, exploitation, reconversion.

Néanmoins, si elle est protégée avec vigilance, la forêt ne peut pas être "sanctuarisée" au détriment de la population qui y vit. Le développement humain et économique passe par une mise en valeur équilibrée et raisonnée des richesses naturelles. Préservation et exploitation ne sont pas incompatibles lorsque les activités humaines sont correctement encadrées et surtout maîtrisées.

On constate aujourd’hui une meilleure prise de conscience écologique en RDC. C’est une avancée notable, compte tenu que la notion de bien collectif est très récente. Le gouvernement cherche à mieux impliquer les autorités locales, notamment avec la mise en gestion communautaire des forêts. Des programmes incitatifs s’efforcent aussi de sensibiliser les paysans sur l’intérêt d’un environnement préservé à long terme. Des activités et des solutions alternatives leur sont proposées.

L’exemple du Virunga

A cet égard, le cas du Parc des Virunga est l’objet d’une attention toute particulière. La perspective d’une possible exploitation pétrolière s’accompagne de mesures de sauvegardes sans précédent, au profit de l’environnement et au bénéfice des communautés locales.

D’une part, le gouvernement conduit une évaluation environnementale stratégique des activités d’exploitation dans la région du Rift Albertin. C’est la première étude de ce type menée sur le continent pour un projet pétrolier on shore.

D’autre part, les projets économiques qui ne répondent pas au cahier des charges environnemental sont rejetés. Ce fut le cas pour le premier plan déposé par la SOCO RDC, le principal opérateur. Actuellement des études d’exploration sont effectuées, sans incursion physique sur le site.

Résolument engagée dans une stratégie de développement durable, la RDC travaille donc pour équilibrer l’équation entre l’homme et la nature