Étiquettes

, , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Les FARDC en action

La dégradation de la situation au Kivu pose la question de l’efficacité des forces armées de la RDC. Pourtant, les opérations en cours soulignent l’effort entrepris pour restaurer l’autorité de l’Etat.

Trois défis sécuritaires

Entre 1996 et 2003, la RDC a connu  une longue période d’instabilité avec un changement de régime et six années de guerre. Mise à rude épreuve par un Etat d’abord déliquescent puis difficilement restauré, l’armée a dû se reconstruire sur de nouvelles bases

Par ailleurs depuis 2008, ce pays doit faire face à la violence de milices rebelles localisées dans l’Orientale, le Nord et le Sud Kivu, trois provinces frontalières de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi. Souvent importées de l’extérieur, ces milices prospèrent sur le pillage des richesses minières, le rançonnage

des populations locales et le trafic transfrontalier. Seule une coopération bilatérale très soutenue peut permettre d’éliminer cette menace.

Enfin, depuis la fin du mois d’avril 2012, les forces armées de la RDC (FARDC) sont confrontée à un groupe de soldats mutins. Actif au Kivu, il mène une guérilla très localisée. Les FARDC doivent réduire cette rébellion dans le respect des populations locales déjà très éprouvées. Pour la jeune armée Congolaise, il s’agit d’un test majeur.

Une mission régalienne

La situation au Kivu montre en effet la nécessité pour les FARDC de s’imposer comme seule la force légitime représentant l’autorité de l’Etat. La conduite de cette mission régalienne est menée avec d’autant plus de rigueur que ce pays a trop souffert de la contestation des institutions dans le passé.

Investies de la légitimité démocratique des armées modernes, les FARDC conduisent intégralement tous les aspects de leur mission. Elles sont ainsi engagées dans la surveillance des frontières, la sécurité intérieure, la protection des populations et le contrôle territorial. Ce dernier point est considéré comme particulièrement critique.

Conformément à l’article 52 de la Constitution de 2006, les FARDC interviennent pour rétablir l’intégrité territoriale et l’autorité de l’Etat des les zones contestées par les milices et les rebelles. Dans ce pays grand comme l’Europe, la maitrise totale et complète de l’espace national doit permettre de consolider définitivement la sécurité.

Une transformation en cours

Ce nouveau défi sécuritaire intervient alors que les FARDC poursuivent un long processus de modernisation entamé en 2006. Les progrès sont visibles  mais il reste encore beaucoup à faire. La RDC veut en effet finaliser la transformation de ses forces vers une armée professionnelle mieux équipée et bien préparée.

A cet égard, la mutinerie des soldats rebelles au Kivu souligne toute la difficulté de réintégrer d’anciens miliciens dans une armée régulière. Tous les pays en situation post-conflit connaissent cette situation. L’acceptation de l’autorité hiérarchique, la soumission aux principes démocratiques et le respect de l’Etat de Droit prennent du temps.

La mutinerie des soldats rebelles montre aussi que la RDC ne doit pas relâcher ses efforts pour améliorer la gestion de la ressource humaine. C’est une dimension importante pour maintenir la discipline et renforcer la cohésion des forces. L’effort est mené notamment au niveau de la qualité des casernements, de l’évolution des statuts, et de la régularité de la solde versée aux militaires.

Le soutien des partenaires

Dans ce nouveau test de sécurité, le rôle des partenaires internationaux s’avère plus déterminant que jamais. Leur contribution à la modernisation des FARDC a été particulièrement efficace et ils continuent à apporter un appui nécessaire.

D’une part, la Monusco déploie en RDC plus de 19 000 Casques Bleus en format militaire et policier. Son mandat prend fin le 30 juin 2012 et son action en complément aux FARDC confirme l’intérêt de la communauté internationale pour la stabilisation du Congo.

D’autre part, l’Union Européenne est engagée avec EUSEC dans une mission de conseil et d’assistance en matière de réforme du secteur de la sécurité. Ce soutien a été lancé en 2005 et l’actuel mandat courre jusqu’au 30 septembre 2012.

Enfin, premier partenaire de la RDC dans l’UE, la Belgique apporte une assistance appréciable, notamment dans la formation et l’entrainement des Forces de Réaction Rapide. Ce pays participe aussi activement au Plan de Stabilisation et de Reconstruction de l’Est du Congo (STAREC).

Les conditions pour une stabilité durable en RDC sont donc réunies. Il s’agit donc désormais de démontrer une nouvelle capacité ■