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Un enfant recevant son vaccin polio

 Fin juin, 19 personnalités Belges ont lancé un appel pour que le secteur de la Santé soit prioritaire dans la Coopération bilatérale avec la RDC. Cette initiative fait écho à l’effort entrepris par le gouvernement Congolais dans ce domaine.

Trois défis à relever

Le premier défi du Congo c’est la maitrise du territoire. Ce pays grand comme l’Europe occidentale a une population de 65 millions d’habitants et c’est le second pays le plus peuplé de l’Afrique sub-saharienne. 69% de la population vit à la campagne, le plus souvent dans un habitat dispersé puisque la densité est très faible (24 ha/km2). L’enclavement géographique de certaines régions rend leur accès difficile.

Le deuxième défi du Congo c’est la maitrise démographique. Sur ce point, la RDC présente des chiffres qui sont dans la moyenne du continent. La croissance démographique s’établit à 2.7% (moyenne 2.4%). 46% de la population a moins de 15 ans (moyenne 45%) avec un âge moyen de 17 ans. Le taux de fécondité est toutefois relativement élevé avec 5.8 (moyenne 4.6) et l’espérance de vie des Congolais est plus courte avec 50 ans (moyenne 56).

Le troisième défi du Congo c’est la maitrise du Développement. La RDC est encore dans une phase de reconstruction après 7 années de guerres qui ont fait 5 millions de victimes. La population a enduré des déplacements massifs, des épisodes d’épidémies et la désarticulation du système de santé. Face à un taux de pauvreté de 70%, la stratégie de développement doit donc se concentrer sur la protection des groupes vulnérables.

Des réponses coordonnées

Pour le gouvernement, il s’agit d’abord de dégager la ressource suffisante pour financer l’effort de Santé Publique. Dans le prochain budget, la part de la Santé va passer de 3.5% à 6.8%. Or cette contribution ne couvre actuellement que 24% des dépenses du secteur. La part du privé (donneurs, ONG) reste essentielle puisqu’elle représente 76% des dépenses.

Le taux d’accès aux soins médicaux a franchi la barre des 50% en 2009 mais il faut aller plus loin. Le gouvernement a lancé un vaste chantier de décentralisation pour développer efficacement la couverture médicale. Le Plan National de Développement Sanitaire 2011-2015 prévoit ainsi la mise en place progressive de nouvelles Divisions Provinciales de la Santé. Les services de santé ruraux sont au cœur de cette stratégie qui cible la généralisation des soins de santé primaires et la réduction de la disparité entre les provinces.

C’est aussi sur la formation du personnel médical que l’attention se porte. En 2011, la RDC a décidé d’augmenter le nombre de médecins de 50% d’ici 2015. Mais avec un ratio de 1/9000 on est encore loin des recommandations de l’OMS (1/650). Pourtant là encore, la RDC est dans la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Pour palier cette faible densité médicale, le gouvernement développe des solutions alternatives avec les centres de santé ruraux et les dispensaires mobiles.

Des résultats encourageants

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) restent la ligne directrice de l’effort de Santé Publique et on observe des résultats plutôt encourageants.

La mortalité maternelle a considérablement reculé avec une réduction de 40% depuis 2006. Avec un taux de 540/100 000, elle se situe autour de la moyenne de l’Afrique sub-saharienne et 14 pays Africains ont des scores plus mauvais. Il est peu probable que la RDC réussira a atteindre en 2015 le taux OMD de 322 mais l’effort se poursuit. Aujourd’hui, 90% des grossesses sont suivies et 74% des naissances interviennent dans un environnement médicalisé.

Par ailleurs, la mortalité infanto-juvénile (0 à 5 ans) montre aussi une nette amélioration. Depuis le début de la décennie, elle a reculé de 22% et la RDC se positionne à la 33ème place sur les 48 pays sub-sahariens. L’OMS souligne un progrès considérable dans la vaccination avec des taux de 85% pour le BCG et 72% pour la polio. Mais les décès en phase néonatale représentent encore 1/3 de cette mortalité. C’est donc sur le suivi post-natal que l’effort doit se porter.

Enfin, la lutte doit se poursuivre contre les grandes pandémies auxquelles ce pays est particulièrement exposé. Le Congo s’efforce de développer une stratégie coordonnée pour endiguer les trois principales menaces que sont la malaria, le VIH/SIDA et la tuberculose. En raison d’une meilleure détection des cas, les indicateurs de prévalence sont encore élevés. En ce qui concerne la malaria, la RDC continue à être parmi les pays les plus affectés mais les projections de l’OMS  laissent espérer une inflexion à l’horizon 2015.

L’appui de la Coopération bilatérale en matière de la Santé reste donc indispensable. Alors que la RDC a engagé un effort sans précédent, l’engagement des partenaires envoie un signal très positif ■

Contact:

Communication

Représentation de la RDC auprès de l’UE Tel: +32.(0)2.213.49.80

http://www.ambardc.eu

 

 

Sources :