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North Kivu’s Governor Julien Paluku calls for Humanitarian aid due to Rwanda backed M23 attacks

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North Kivu’s Governor Julien Paluku calls for Humanitarian aid due to Rwanda backed M23 attacks

Since the month of April 2012, North Kivu has been facing a serious crisis as a resultof the insurrection of certain elements of the Armed Forces of the Democratic
Republic of Congo, insurrection that has been transformed later on into an
aggression of the DRC.

And since then, a humanitarian crisis has followed with 1 million or so of internally
displaced people and about 100.000 Congolese forced to cross the borders either
with Rwanda or Uganda.
Sometimes without substantial assistance, these men, women, children and old
people innocently die, some on their wandering ways and others in their places of
concentration often resulting from the lack of efficient care.

IS NOT THE SILENCE OF THE INTERNATIONAL COMMUNITY GUILTY?

Since the crisis started in North Kivu, speeches have been made about “we are
concerned, we are carefully following what is taking place in the Eastern part of the
DRC, we request that all the external support to the M23 be stopped, we warn
against any attack on the United Nations, we are going to take to court such or such person…” end of quote.

Congo Notes #6:Mobilisation régionale pour le Kivu

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Le 15 juillet 2012, les pays des Grands Lacs africains ont adopté le principe de l’envoi d’une force internationale commune au Kivu. Cette décision marque un tournant dans l’histoire agitée de cette région.

Une dimension régionale

Réunis en sommet extraordinaire à Addis Abeba, les 11 Chefs d’Etats et de Gouvernement de la Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs    (CIRGL) viennent de confirmer la dimension régionale de la question du Kivu. En effet, la déstabilisation de cette région a des conséquences qui dépassent largement les frontières de la RDC. C’est pourquoi l’Angola, le Burundi, la Centrafrique, le Congo, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, le Soudan, la Tanzanie et la Zambie ont souhaité se joindre à cette initiative.

Avec une taille qui représente quatre fois la Belgique, la région du Kivu est composée des deux Provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu. C’est une zone très excentrée à l’est de la RDC, avec un relief montagneux qui rend son accès difficile. Elle est contigüe avec 3 pays : l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Ces caractéristiques géographiques ont fait du Kivu un creuset pour de nombreuses forces déstabilisantes venues des pays voisins.

Une crise endémique

En effet, cette région a été particulièrement atteinte lorsque le Génocide du Rwanda en 1994 a provoqué l’afflux de plus d’un  million de réfugiés avec parmi eux, les FDLR, des criminels génocidaires en fuite. Par la suite, la présence sporadique de rebelles Ougandais affiliés au LRA a ajouté à la crise endémique. Depuis le milieu des années 90, la région connait des épisodes de violence qui ont conduit à une véritable guerre entre 1998 et 2002.

Le Kivu est aujourd’hui le terrain d’affrontements de milices maffieuses, de factions locales et de groupes rebelles qui se disputent les richesses et l’allégeance des populations. Ces dernières semaines, l’action du M23 ‑ un mouvement  de soldats mutins appuyé par le Rwanda  ‑ a ajouté à la confusion. On observe ainsi une flambée de violence avec des conséquences désastreuses pour la population locale. Environ 100 000 réfugiés Congolais ont franchi les frontières en  3 mois.

Des réponses inappropriées

Objectivement, ces forces négatives sont dispersées, antagonistes et peu nombreuses. Il est difficile de chiffrer le nombre de combattants impliqués mais on estime à  environ 1000 les FDLR, quelques centaines les LRA et 200 les hommes le M23. C’est en fait leur mobilité, leur armement lourd, leur immersion au milieu de la population et le soutien externe par les frontières qui fait leur force.

Face à cette résistance, les Casques Bleus de l’ONU sont impuissants : leur mandat ne couvre pas des actions de contre-guérilla.  En pleine restructuration, Les FARDC font face à cette nébuleuse obscure. De plus, les incursions clandestines menées par les pays voisins pour éliminer ou soutenir certains groupes ont fortement contribué à la dégradation de la situation. Elles provoquent régulièrement des cycles de rétorsion et une surenchère de violence contre la population civile qui est en première ligne. C’est notamment pour cette raison que les opérations militaires conjointes engagées avec le Rwanda depuis 2009 n’ont pas eu les résultats attendus.

Vers une force commune

 La DRC veut donc mettre un terme à cette situation de déstabilisation en grande partie importée de l’extérieur. L’initiative de la CIRGL répond à son appel lancé à la communauté internationale. Elle prévoit une action militaire immédiate avec la mise en place d’une force internationale neutre. Son mandat sera clair. D’une part, il s’agit d’éradiquer le M23, les FDLR et les forces négatives présentes dans la région. D’autre part, il s’agit d’assurer le contrôle et la sécurisation des zones frontalières.

A l’évidence, on vient de franchir une nouvelle étape avec cette volonté des Etats partenaires de prendre leurs responsabilités. La monté en puissance d’une capacité d’intervention commune va s’effectuer dans les meilleures conditions. Les opérations seront menées en toute transparence et dans le respect de la souveraineté congolaise.

Très prochainement, une série d’actions va être lancée. Les Chefs d’Etat de la CIRGL réunis à Kampala en ce moment doivent préciser les contours de cette future force (mandat, format, commandement). Ils doivent aussi prévoir son articulation avec la présence des 16 000 Casques Bleus en RDC. La mobilisation des ressources nécessaires à une montée en puissance devrait intervenir rapidement : un groupe de 6 experts indépendants va préparer un rapport de situation afin de mieux évaluer les besoins.

Cette mobilisation donc fait renaitre l’espoir au Kivu. C’est l’effort de chacun et la solidarité de tous qui peuvent restaurer la paix, la sécurité et la stabilité de la région

Congo Notes #5:Sustaining Efforts for Public Health :

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Un enfant recevant son vaccin polio

Last June, 19 Belgian experts launched a call to make Public Health a priority of the bilateral Cooperation with DRC. This initiative echoes the effort sustained by the Congolese government in this sector.

Three Challenges to Tackle

The first challenge of Congois about  territorial management. With a territory equivalent to Western Europe and a population of 65 million, DRC is the second most populated country in sub-Saharan Africa. 69% of people are living in rural areas, most of the time in scattered housing since there is a low human density (24 per km2). Some landlocked and remote regions endure a difficult access.

The second challenge of Congo is about demography management. On this issue, statistics are close to the continent average. The demographic growth is 2.7% (African average is 2.4%). 46% of the population is below 15 (African average is 45%) and the

average age is 17. The fertility rate is still high at 5.8 (African average is 4.6) and Congolese have a shorter life expectancy of 50 (African average is 56).

The third challenge ofCongois about Development management. DRC is still in a reconstruction era after 7 years of wars that caused the death of 5 million victims. The Congolese population endured massive displacements, recurrent epidemics and a complete collapse of the Health system. Facing a 70% poverty rate, the Development strategy is focused on protecting vulnerable groups.

Coordinated Solutions

For the government, the main issue is to mobilize enough resources to finance the development of Public Health. In the next budget, the share for Health will increase from 3.5% up to 6.8%. However, the government contribution only represents 24% of the total spending in this sector. Private contributions (donors, NGOs) remain vital since they cover 76% of Health costs.

The access to medical care reached a 50% rate in 2009 but more needs to be done. The government has launched a major decentralization process to develop the health map efficiently. The National Plan for Health Development 2011-2015 arranges the progressive setting of Health Provincial Divisions. Rural health services are at the core of this strategy. The purpose is to achieve a generalization of basic health care and to reduce disparities between provinces.

The attention is also focused on building  a medical capacity. In 2011, the government decided to increase the number of physicians by 50% before 2015. But with a 1/9,000 ratio, DRC still lags behind the WHO recommendations of 1/650. However, once again, the country positions in the average of sub-SaharanAfrica(1/10,000). To address such a low medical density, the government develops alternative solutions such as rural health centres staffed by health workers and mobile clinics.

Encouraging Results

The Millennium Development Goals (MDGs) are the main guideline in the efforts dedicated to Public Health. In this regard, some encouraging results can be noted.

Maternal mortality has significantly receded with a 40% drop since 2006. Congo has a 540/100,000 ratio. This figure is close to the African average and 14 sub-Saharan countries score worse. It is unlikely that DRC will reach the MDG rate of 322 by 2015 but there is a sustained endeavour to improve maternal conditions. Today 90% of pregnancies receive medical attention and 74% of births benefit a medical environment.

In addition, child mortality (from 0 to 5 years) is also improving. Since the beginning of this decade, it has been reduced by 22% and DRC ranks33 inthe 48 sub-Saharan countries. WHO notes a significant progress in vaccination rates with 85% for BCG and 72% for polio. However, death in the neonatal phase still represent 1/3 of infant mortality. A better awareness is required in post-natal supervision.

Lastly, fighting pandemics is also a priority in this overexposed country. Congo strives to develop a coordinated strategy to stem the spread of three main threats: malaria, HIV/AIDS and tuberculosis. Due to a better case detection, prevalence figures are high. Regarding malaria, DRC is among the most affected countries globally but WHO projections hold out some hope for a curve in trend by 2015.

The support from European countries remains therefore essential to achieve efficiency in  Public Health. While DRC has engaged unprecedented efforts, the commitment of partners sends out a very positive signal ■

Sources :

 

 

 

 

 

 

 

 

Congo Notes #5: Santé : un effort sans précédent

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Un enfant recevant son vaccin polio

 Fin juin, 19 personnalités Belges ont lancé un appel pour que le secteur de la Santé soit prioritaire dans la Coopération bilatérale avec la RDC. Cette initiative fait écho à l’effort entrepris par le gouvernement Congolais dans ce domaine.

Trois défis à relever

Le premier défi du Congo c’est la maitrise du territoire. Ce pays grand comme l’Europe occidentale a une population de 65 millions d’habitants et c’est le second pays le plus peuplé de l’Afrique sub-saharienne. 69% de la population vit à la campagne, le plus souvent dans un habitat dispersé puisque la densité est très faible (24 ha/km2). L’enclavement géographique de certaines régions rend leur accès difficile.

Le deuxième défi du Congo c’est la maitrise démographique. Sur ce point, la RDC présente des chiffres qui sont dans la moyenne du continent. La croissance démographique s’établit à 2.7% (moyenne 2.4%). 46% de la population a moins de 15 ans (moyenne 45%) avec un âge moyen de 17 ans. Le taux de fécondité est toutefois relativement élevé avec 5.8 (moyenne 4.6) et l’espérance de vie des Congolais est plus courte avec 50 ans (moyenne 56).

Le troisième défi du Congo c’est la maitrise du Développement. La RDC est encore dans une phase de reconstruction après 7 années de guerres qui ont fait 5 millions de victimes. La population a enduré des déplacements massifs, des épisodes d’épidémies et la désarticulation du système de santé. Face à un taux de pauvreté de 70%, la stratégie de développement doit donc se concentrer sur la protection des groupes vulnérables.

Des réponses coordonnées

Pour le gouvernement, il s’agit d’abord de dégager la ressource suffisante pour financer l’effort de Santé Publique. Dans le prochain budget, la part de la Santé va passer de 3.5% à 6.8%. Or cette contribution ne couvre actuellement que 24% des dépenses du secteur. La part du privé (donneurs, ONG) reste essentielle puisqu’elle représente 76% des dépenses.

Le taux d’accès aux soins médicaux a franchi la barre des 50% en 2009 mais il faut aller plus loin. Le gouvernement a lancé un vaste chantier de décentralisation pour développer efficacement la couverture médicale. Le Plan National de Développement Sanitaire 2011-2015 prévoit ainsi la mise en place progressive de nouvelles Divisions Provinciales de la Santé. Les services de santé ruraux sont au cœur de cette stratégie qui cible la généralisation des soins de santé primaires et la réduction de la disparité entre les provinces.

C’est aussi sur la formation du personnel médical que l’attention se porte. En 2011, la RDC a décidé d’augmenter le nombre de médecins de 50% d’ici 2015. Mais avec un ratio de 1/9000 on est encore loin des recommandations de l’OMS (1/650). Pourtant là encore, la RDC est dans la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Pour palier cette faible densité médicale, le gouvernement développe des solutions alternatives avec les centres de santé ruraux et les dispensaires mobiles.

Des résultats encourageants

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) restent la ligne directrice de l’effort de Santé Publique et on observe des résultats plutôt encourageants.

La mortalité maternelle a considérablement reculé avec une réduction de 40% depuis 2006. Avec un taux de 540/100 000, elle se situe autour de la moyenne de l’Afrique sub-saharienne et 14 pays Africains ont des scores plus mauvais. Il est peu probable que la RDC réussira a atteindre en 2015 le taux OMD de 322 mais l’effort se poursuit. Aujourd’hui, 90% des grossesses sont suivies et 74% des naissances interviennent dans un environnement médicalisé.

Par ailleurs, la mortalité infanto-juvénile (0 à 5 ans) montre aussi une nette amélioration. Depuis le début de la décennie, elle a reculé de 22% et la RDC se positionne à la 33ème place sur les 48 pays sub-sahariens. L’OMS souligne un progrès considérable dans la vaccination avec des taux de 85% pour le BCG et 72% pour la polio. Mais les décès en phase néonatale représentent encore 1/3 de cette mortalité. C’est donc sur le suivi post-natal que l’effort doit se porter.

Enfin, la lutte doit se poursuivre contre les grandes pandémies auxquelles ce pays est particulièrement exposé. Le Congo s’efforce de développer une stratégie coordonnée pour endiguer les trois principales menaces que sont la malaria, le VIH/SIDA et la tuberculose. En raison d’une meilleure détection des cas, les indicateurs de prévalence sont encore élevés. En ce qui concerne la malaria, la RDC continue à être parmi les pays les plus affectés mais les projections de l’OMS  laissent espérer une inflexion à l’horizon 2015.

L’appui de la Coopération bilatérale en matière de la Santé reste donc indispensable. Alors que la RDC a engagé un effort sans précédent, l’engagement des partenaires envoie un signal très positif ■

Contact:

Communication

Représentation de la RDC auprès de l’UE Tel: +32.(0)2.213.49.80

http://www.ambardc.eu

 

 

Sources :

 

 

 

 

 

 

 

Congo Notes #4:Democracy under Process

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Les agents de la CENI déversant des bulletins de vote avant le comptage en novembre 2011

Last 13 June 2012, the European Parliament passed a resolution on the elections in DRC. This initiative highlights the challenges of the democratic transition.

Lessons Learnt

In this Resolution 2012/2673 (RSP) on monitoring elections in the Democratic Republic of Congo, all the remarks regarding the electoral process are relevant. After the previous ballot of 2006, the presidential and legislative elections of 28 November 2011 were the second vote since the 1960 Independence. With the benefit of hindsight, some useful lessons can be learnt.

Obviously, the change in electoral law was not explained enough. DRC decided to finance by herself almost entirely these elections. The decision to adopt a one round system with relative majority for the presidential ballot avoids the financial burden of an electoral process spread over several weeks. In this country as large asEurope, this is common sense.

In addition, the Congolese authorities and the Independent National Electoral Commission (CENI) have taken full account of all the dysfunctions and shortcomings. The close examination of the 469 litigation cases reveals that irregularities were caused by local individual initiatives. The security of ballot boxes remains the main concern.

Further, in contrast to the elections organized inIraqor inAfghanistan, DRC did not experienced huge outbreaks of violence, massive fraud or systematic coercion. There was neither arbitrary closure of ballot stations nor large-scale manipulation of the electoral roll.

Democratic Ownership

The outcomes of these two recent votes have produced a clear majority. Modest scores indicate a real competition: 48.9% for President Kabila and 22.2% for his PPRD party. The opposition got 31% of the  seats in the Assembly. During the 5-year mandate, the MPs from the opposition will have to built-up efficiency, join forces around credible leader, take initiatives  and fully develop their contribution in the democratic debate.

The new government was appointed 5 months after the legislative results. This period of time highlights the desire to balance political forces and to ensure the best possible representativeness for the parties of the majority coalition. Prime Minister Augustin Matata Ponyo doesn’t have a high political profile and he enjoys a strong reputation for integrity. He is widely perceived as a result-oriented leader, open to dialogue.

Achieving the democratic ownership of Congolese politicians is certainly the greatest challenge. DRC is conducting reconstruction in a thorny post-conflict environment. From 1996 to 2003, this country suffered 6 years of war and a complete collapse of public institutions. Today, DRC is being engaged in the double process of reinstating State authority and completing Democratic transition.

However, beyond political circles, the 73,5 million Congolese people also have to develop this democratic ownership. Since 2005, the number of registered voters has raised by 25% to reach 32 million. This surge of new registrants confirms a genuine citizen engagement. With 58%, the voters turnout is still below expectations but a Congolese civil society is emerging. People make their voices heard on all major issues. Progressively, this civil society is building a check-and-balance capacity.

Towards Maturity

In its final Observation Report, the EU EOM has forwarded 22 recommendations. They will be implemented in the preparation of the local and provincial elections scheduled in January 2013. The date of this coming ballot has been several times delayed with the purpose to optimize organization. A restructuring of the CENI is under process and the creation of additional organizations is under consideration. The stakes are important: Congolese people will elect representatives who will interact with them every day. 

Learning about Democracy cannot be achieved with 3 ballots. As the MEPs rightly put it in the Resolution, « elections are necessary, but are not of themselves sufficient to create the necessary conditions for a democratisation process ». Time and experience are requested to endow people with the indispensable democratic responsibility. This maturity is being built day after day on dialogue, respect and solidarity —three principles that Congolese people have discovered only recently.

Therefore, the EU support should remain unbiased and constructive. Without any doubt, such a commitment contributes to advance Democracy in DRC ■

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Congo Notes #4:Le chantier de la Démocratie

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Les agents de la CENI déversant des bulletins de vote avant le comptage en novembre 2011

Le 13 juin 2012, le Parlement Européen a adopté une résolution sur les élections en RDC. Cette initiative souligne les challenges de la transition démocratique.

Les leçons apprises

Dans cette Résolution 2012/2673 (RSP) sur le suivi des élections en RDC, toutes les remarques concernant le processus électoral sont pertinentes. Après celles de 2006, les élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011 ont été les deuxièmes depuis l’Indépendance de 1960. Sept mois après ces deux scrutins majeurs, le recul permet de tirer quelques leçons utiles.

Il apparait aujourd’hui que la modification de la loi électorale n’a pas été suffisamment expliquée. La RDC a tenu à financer presque intégralement ce double processus électoral. Le choix d’un système à majorité relative à 1 tour pour l’élection du Président répond à la nécessité d’éviter la charge financière et logistique d’un processus électoral étalé sur plusieurs semaines. Dans ce pays grand comme l’Europe qui compte 63 000 bureaux de vote, c’est une question de bon sens.

Par ailleurs, les autorités congolaises et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ont pris en compte l’ensemble des dysfonctionnements observés sur le terrain. L’examen des 469 dossiers du contentieux électoral montre que les irrégularités relèvent d’initiatives individuelles localisées. Les coupables ont été poursuivis et les résultats invalidés. C’est la sécurisation des urnes pour éviter le vol ou la perte qui reste la principale préoccupation.

Enfin, contrairement aux élections organisées en Iraq ou en Afghanistan, la RDC n’a pas connu d’explosion de violence, de fraude massive ou de coercition systématique. Il n’y a pas eu de fermeture arbitraire de bureaux de vote ni de manipulation des listes électorales à grande échelle.

 L’appropriation démocratique

Les deux récents scrutins ont fait apparaitre des majorités claires. Les scores plutôt modestes qui témoignent d’une réelle confrontation politique : 48.9% pour le Président Kabila et 22.2% pour son parti PPRD. L’opposition a 31% des sièges à l’Assemblée. Pendant les 5 années de la législature, elle devra s’organiser efficacement, se rassembler autour de leaders crédibles, prendre des initiatives et jouer son pleinement rôle dans le débat démocratique.

Le nouveau gouvernement a été nommé 5 mois après les résultats. Ce délai souligne le souci d’équilibrer les forces politiques et d’assurer la meilleure représentativité possible aux partis de la coalition majoritaire. Le Premier Ministre Augustin Matata Ponyo n’a pas de profil politique marqué et il bénéficie d’une réputation de grande probité. Il est communément perçu comme un homme de dossiers ouvert au dialogue.

Cette appropriation de la Démocratie par la classe politique congolaise est certainement le plus grand challenge. La vie politique de la RDC évolue dans un contexte post-conflit difficile. De 1996 à 2003, ce pays a connu six années de guerre et une déliquescence générale de ses institutions. Aujourd’hui, la RDC est engagée dans un double chantier qui combine restauration de l’autorité de l’Etat et transition démocratique.

Mais au-delà du monde politique, ce sont 73.5 millions de Congolais qui doivent aussi s’approprier la Démocratie. Depuis 2005, le nombre d’électeurs inscrits a augmenté de 25% pour passer à 32 millions. Cet afflux de nouveaux inscrits est le signe d’un véritable engagement citoyen. Avec 58%, le taux de participation est encore très en deçà des attentes mais la société civile se développe. Elle commence à se faire entendre sur toutes les questions majeures de société. Progressivement, elle construit sa capacité de contre-pouvoir.

Vers la maturité

 Dans son Rapport Final d’Observation, la mission EU EOM fait 22 recommandations. Elles seront mises en œuvre pour les élections locales et provinciales prévues en janvier 2013. La date de ce scrutin a été plusieurs fois repoussée afin d’optimiser son organisation. Une réorganisation de la CENI est en cours et la création d’organismes complémentaires est à l’étude. L’enjeu est important : les Congolais vont élire ceux qui seront leurs interlocuteurs au quotidien.

L’apprentissage de la Démocratie ne se fait pas en trois scrutins. Comme le remarquent très justement les Eurodéputés dans la Résolution, « les élections sont nécessaires, mais non suffisantes à elles seules pour créer les conditions nécessaires au processus de démocratisation ». Seuls le temps et l’expérience apportent la responsabilité démocratique indispensable. Cette maturité se construit chaque jour sur le dialogue, le respect et la solidarité – des principes que les Congolais ont découverts que très récemment.

Le soutien de l’UE doit donc rester objectif et constructif. C’est cet engagement qui contribue à faire avancer le chantier de la Démocratie en RDC

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Congo Notes # 3:A New Security Test

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 FARDC in action

The degrading situation in Kivu directs the attention to the efficiency of the armed forces in the Democratic Republic of Congo (DRC). Yet, the on-going operations highlight the effort to restore State authority.

Three Security Challenges

Between 1996 and 2003, DRC has suffered a long instability era with a regime change and 6 years of war. Facing first a deliquescent then a painfully restored State, the army was reconstituted from scratch.

In addition, since 2008, this country is facing the violence of rebel militia active in Orientale, Northern and Southern Kivu, three provinces bordering Uganda,Rwanda and Burundi. Quiet often imported from abroad, those militia thrive on the looting of Congolese mining resources, the extortion of local populations and the trafficking across borders. Only a sustained and efficient bilateral cooperation can eliminate this threat.

Lastly, since the end of April 2012, the armed forces of DRC (FARDC) are challenged by a group of mutinous soldiers. Active in the Kivu region, they wage a local guerrilla. The FARDC have to bring this rebellion to an end in the respect of populations already badly affected. For the young Congolese army, this is a major test.

A Fundamental Mission

The situation in Kivu highlights indeed the necessity for the FARDC to be fully and exclusively acknowledged as the only legitimate force representing the State authority. The conduct of this fundamental mission is undertaken with much rigour, considering that this country has endured a damaging contestation of institutions in the past.

Vested with the democratic legitimacy of modern forces, the FARDC are fully developing all the dimensions of their mission. They are engaged in border surveillance, homeland security, population protection and territorial control. This last point is critical.

In accordance with article 52 of the Constitution of 2006, the FARDC intervene to restore territorial integrity and State authority in areas infested by militia and rebels. In this country as large asEurope, the full control of the national space is a condition to definitely ensure security.

Transformation under Process

This new security test arises while the FARDC have been undertaking a long process of modernization since 2006. Progresses are visible but there is still a long way to go. DRC wants indeed to achieve a forces transformation through better professionalization, improved equipment and maximum preparedness.

In this regard, the mutiny of rebel soldiers in Kivu emphasizes the difficulty of reintegrating former militiamen into a regular army. All the countries in post‑conflict environment experience this situation. The obedience to an exclusive hierarchical authority, the compliance to democratic principles and the respect of the Rule of Law take time.

The mutiny of rebel soldiers also emphasizes that DRC should continue to sustain efforts to improve human resource management. This is crucial to enforce discipline and make stronger the group cohesion. The effort is oriented in particular towards the quality of barracks accommodation, the evolution of statuses and the regularity of the remuneration paid to militaries.

Supportive Partners

In this new security test, the role of international partners is more significant than ever. Their contribution to modernizing the FARDC has been particularly effective and they continue to provide a necessary support.

First, the Monusco deploys in DRC more than 19,000 Blue Helmets, in military and police formats. The current mandate will end on 30 June 2012 and its action, as a complement to the FARDC, confirms the interest of the international community for stabilization inCongo.

Second, with EUSEC, the European Union is committed to sustaining an advisory and assistance mission for security reform. This support was first launched in 2005 and the current mandate runs until 30 September 2012.

Lastly, as the first partner of DRC in the EU,Belgiumprovides a substantial support, in particular regarding the education and training of Rapid Reaction Forces. This country also contributes significantly to the Stabilisation and Reconstruction Plan for Eastern Congo (STAREC).

The conditions for a sustainable stability in DRC are therefore in place. Therefore, the the challenge is now to demonstrate a new capacity.

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Congo Notes # 3: Un nouveau test de sécurité

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Les FARDC en action

La dégradation de la situation au Kivu pose la question de l’efficacité des forces armées de la RDC. Pourtant, les opérations en cours soulignent l’effort entrepris pour restaurer l’autorité de l’Etat.

Trois défis sécuritaires

Entre 1996 et 2003, la RDC a connu  une longue période d’instabilité avec un changement de régime et six années de guerre. Mise à rude épreuve par un Etat d’abord déliquescent puis difficilement restauré, l’armée a dû se reconstruire sur de nouvelles bases

Par ailleurs depuis 2008, ce pays doit faire face à la violence de milices rebelles localisées dans l’Orientale, le Nord et le Sud Kivu, trois provinces frontalières de l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi. Souvent importées de l’extérieur, ces milices prospèrent sur le pillage des richesses minières, le rançonnage

des populations locales et le trafic transfrontalier. Seule une coopération bilatérale très soutenue peut permettre d’éliminer cette menace.

Enfin, depuis la fin du mois d’avril 2012, les forces armées de la RDC (FARDC) sont confrontée à un groupe de soldats mutins. Actif au Kivu, il mène une guérilla très localisée. Les FARDC doivent réduire cette rébellion dans le respect des populations locales déjà très éprouvées. Pour la jeune armée Congolaise, il s’agit d’un test majeur.

Une mission régalienne

La situation au Kivu montre en effet la nécessité pour les FARDC de s’imposer comme seule la force légitime représentant l’autorité de l’Etat. La conduite de cette mission régalienne est menée avec d’autant plus de rigueur que ce pays a trop souffert de la contestation des institutions dans le passé.

Investies de la légitimité démocratique des armées modernes, les FARDC conduisent intégralement tous les aspects de leur mission. Elles sont ainsi engagées dans la surveillance des frontières, la sécurité intérieure, la protection des populations et le contrôle territorial. Ce dernier point est considéré comme particulièrement critique.

Conformément à l’article 52 de la Constitution de 2006, les FARDC interviennent pour rétablir l’intégrité territoriale et l’autorité de l’Etat des les zones contestées par les milices et les rebelles. Dans ce pays grand comme l’Europe, la maitrise totale et complète de l’espace national doit permettre de consolider définitivement la sécurité.

Une transformation en cours

Ce nouveau défi sécuritaire intervient alors que les FARDC poursuivent un long processus de modernisation entamé en 2006. Les progrès sont visibles  mais il reste encore beaucoup à faire. La RDC veut en effet finaliser la transformation de ses forces vers une armée professionnelle mieux équipée et bien préparée.

A cet égard, la mutinerie des soldats rebelles au Kivu souligne toute la difficulté de réintégrer d’anciens miliciens dans une armée régulière. Tous les pays en situation post-conflit connaissent cette situation. L’acceptation de l’autorité hiérarchique, la soumission aux principes démocratiques et le respect de l’Etat de Droit prennent du temps.

La mutinerie des soldats rebelles montre aussi que la RDC ne doit pas relâcher ses efforts pour améliorer la gestion de la ressource humaine. C’est une dimension importante pour maintenir la discipline et renforcer la cohésion des forces. L’effort est mené notamment au niveau de la qualité des casernements, de l’évolution des statuts, et de la régularité de la solde versée aux militaires.

Le soutien des partenaires

Dans ce nouveau test de sécurité, le rôle des partenaires internationaux s’avère plus déterminant que jamais. Leur contribution à la modernisation des FARDC a été particulièrement efficace et ils continuent à apporter un appui nécessaire.

D’une part, la Monusco déploie en RDC plus de 19 000 Casques Bleus en format militaire et policier. Son mandat prend fin le 30 juin 2012 et son action en complément aux FARDC confirme l’intérêt de la communauté internationale pour la stabilisation du Congo.

D’autre part, l’Union Européenne est engagée avec EUSEC dans une mission de conseil et d’assistance en matière de réforme du secteur de la sécurité. Ce soutien a été lancé en 2005 et l’actuel mandat courre jusqu’au 30 septembre 2012.

Enfin, premier partenaire de la RDC dans l’UE, la Belgique apporte une assistance appréciable, notamment dans la formation et l’entrainement des Forces de Réaction Rapide. Ce pays participe aussi activement au Plan de Stabilisation et de Reconstruction de l’Est du Congo (STAREC).

Les conditions pour une stabilité durable en RDC sont donc réunies. Il s’agit donc désormais de démontrer une nouvelle capacité ■